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Conférence Épiscopale d’Haïti
1 AN APRÈS LE 14 MAI 2011 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par new   
Lundi, 14 Mai 2012 11:19

De l’urgence du dialogue national comme critère de discernement pour construire une société basée sur la participation, la liberté, la vérité, la justice et la responsabilité.


Il ne fait aucun doute que la démarche que nous entreprenons se veut difficile et délicate. Mais, deux critères nous animent à poser des jalons pour la réalisation de ce dialogue tant attendu, parce que nécessaire.
-    Le premier est celui de notre fidélité au Christ et à son enseignement qui n’a qu’un seul objectif : promouvoir l’homme dans sa dignité. C’est pourquoi le Bienheureux Jean Paul II dans sa première encyclique, « Le Christ Rédempteur de l’homme », dit : « L’homme est la route du Christ, l’homme est la route de l’Église, nous devons la parcourir ensemble ».
-    Le deuxième est celui de notre fidélité à notre cher peuple haïtien ; peuple auquel nous appartenons et que, envoyés par Dieu, nous voulons servir en toute honnêteté ! Ce peuple de boue et de misère à qui on a nié tous ses droits et besoins de sortir de la prison de la marginalisation pour retrouver l’héritage que les ancêtres lui ont légué ; celui d’être un peuple nègre, fier et libre avec cette force de cohésion : « L’union fait la force ».
Conscients de cette responsabilité et fidèles à la suite de Celui qui s’est fait le serviteur de Dieu et des hommes, le Christ, nous voulons offrir, à tout le pays en tant qu’Église, ce même geste de service. L’Église experte en humanité perçoit que la situation du pays est une descente aux enfers et propose une alternative :
-    Pour refaire surface, il faut avoir une volonté politique saine ;
-    Pour sortir de ce trou noir, il faut retrouver la valeur de la conscience morale, du bien commun ;
-    Pour construire un projet de société répondant aux exigences du développement du pays et aux aspirations légitimes du peuple haïtien, il faut aimer Haïti.
Nous sommes tous conscients des maux qui affligent notre pays et nous sommes tous, à nos différents niveaux, responsables de cette situation. Personne n’a le droit d’éluder sa propre culpabilité. Aussi avons-nous l’obligation de taire nos querelles intestines, de freiner l’ambition du pouvoir, l’avidité de la puissance et de l’argent, de fermer la vanne de la calomnie, de la médisance, du jugement hâtif, pour nous mettre à travailler pour une Haïti, plus humaine, plus fraternelle, plus vraie, plus juste, une Haïti capable de devenir ce qu’elle était au paravent : « La perle des Antilles ». 
Ce regard d’amour que l’Église pose sur ce pays,  c’est le regard de Celui qui de toute éternité nous a tous appelés à devenir sa grande famille, la famille de Dieu. Voilà pourquoi l’Église, consciente de la désunion croissante dans tous les secteurs de la société, propose un dialogue national. Elle ne prétend pas imposer un programme de gouvernement et ne cherche pas à en retirer des bénéfices de quelque ordre que ce soit. Elle veut servir en se faisant espace de dialogue. Pour cela, elle ose prendre ce risque de convoquer toutes instances : sociales, politiques, et religieuses à ce dialogue national.
Qu’est-ce que le dialogue national?
Il y a dialogue quand nous savons parler et écouter. Cela ne signifie pas renoncer à ses convictions personnelles ni abolir ou cacher les différences existantes. C’est l’accueil réciproque, sans offenser personne, sans prétendre gagner toujours, sans croire que nous seuls avons raison. Quand nous dialoguons, nous nous rendons compte que nous avons beaucoup de choses en commun. C’est pour cela que l’Église a une grande confiance dans le dialogue fraternel, respectueux, humble, sincère.
Le dialogue national est un appel à tous les secteurs de l’opinion pour analyser et étudier les problèmes du pays et établir les responsabilités en vue de trouver des solutions et des solutions durables. Il est un moyen ou un instrument commun pour atteindre un objectif proposé. C’est une invitation à tous les secteurs qui forment la communauté nationale : politiques, syndicaux, paysans, professionnels, étudiants, comme aussi à la famille, à la jeunesse. Ainsi, nous disons que ce dialogue est national parce qu’il s’adresse à toute la nation et parce qu’il concerne tous les problèmes qui touchent l’homme haïtien, la femme haïtienne, la communauté nationale.
Le bien que l’on recherche est le bien commun, non celui qui pourrait n’intéresser qu’une partie de la nation. Le dialogue est un droit et un devoir de tous les habitants de notre pays et de tous les secteurs de la société ; parce que nous sommes responsables de la construction d’une société à taille humaine, juste et libre.
Le dialogue est un processus permanent et continuel. Il n’est pas seulement un besoin momentané surgi d’une situation difficile, mais c’est un climat dans lequel se déroulent normalement les relations chez un peuple qui vit dans un processus permanent de croissance.
En recherchant à promouvoir le dialogue national, qu’est ce que l’Église veut pour le pays.
Son désir le plus grand, par le biais du dialogue national, c’est la participation de tous à la construction du bien commun. Tous les Haïtiens, Haïtiennes et tous ceux qui habitent ce pays sont appelés à travailler dans un coude à coude fraternel pour le bien de tous. Il nous faut un nouveau style de vie fait de respect pour soi, pour l’autre et l’environnement. Il ne suffit pas de rejeter sur nos frères la responsabilité des maux du passé ni même du présent. Il nous faut prendre avec sérieux et patriotisme la responsabilité de nos gestes, de nos paroles et de nos projets. L’Église souhaite alors que les points d’accord qui surgissent du dialogue servent de base à un travail communautaire efficace et durable. Elle encourage l’établissement d’un climat de confiance, d’ouverture d’esprit, et d’une vision saine de la réalité.
Si un an après notre exhortation au Palais national nous réitérons cet appel au dialogue national, c’est parce que nous sommes convaincus de la nécessité de chercher l’unité, la concorde et la participation de tout le peuple haïtien à la destinée de la nation. Quand une personne, un groupe ou une partie gagne des élections, ils ne sont pas, par là, propulsés sur une échelle inaccessible aux électeurs ou aux simples citoyens. Ils reçoivent, au contraire, du peuple le mandat de diriger sa marche vers le développement, vers la paix, vers la justice et vers l’unité. « L’unité », c’est le vœu le plus cher du Christ : « Que tous soient un ». C’est le critère fondateur de notre nation qui reste aussi la base permanente de la réalisation de l’idéal d’une société plus humaine, plus juste, plus fraternelle et ouverte à Dieu. Une société où il n’y a plus ni privilèges ni exclusions, ni oppresseurs ni opprimés, ni préjugés. Mais, une société où l’amour dépouillé de tout sentimentalisme recherche le bien de l’autre afin qu’il vive en plénitude selon le désir du Christ : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie en plénitude » (Jean 10,10). Une société enfin qui regardant vers l’avenir est capable de croitre dans l’acceptation inconditionnelle des différences qu’il peut y avoir entre nous, mais sans que diminuent les valeurs intrinsèques de la fraternité et de l’amour.
Voilà ce que propose l’Église pour le bien-être du peuple haïtien et pour sa marche vers la justice la paix.

Mgr Louis KÉBREAU
Archevêque Métropolitain du Cap-Haïtien
Cap-Haïtien, 14 mai 2012

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Mise à jour le Lundi, 14 Mai 2012 11:20
 
7e anniversaire de Pontificat du Pape Benoit XVI PDF Imprimer Envoyer
Écrit par new   
Jeudi, 19 Avril 2012 09:51

Homélie  de Mgr Chibly LANGLOIS
7e anniversaire de Pontificat du Pape Benoit XVI
18 avril 2012 Nonciature Apostolique d’Haïti

Excellence, Mgr le Nonce Apostolique,
Vénérés frères dans l’Épiscopat,
Distingués membres du Gouvernement,
-    des Grands Corps de l’État,
-    du Corps diplomatique,
Autorités civiles, religieuses et policières

Deux jours après l’anniversaire de naissance du Pape Benoit XVI, nous rendons grâce au Seigneur pour les sept ans de son avènement sur la Chaire de Pierre : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur Elle », disait Jésus à Pierre et à chacun de ses successeurs (Mt. 16).
En devenant Pape, Benoît XVI sait     qu’il peut compter sur Celui qui l’a choisi : le Christ et  sur la prière de toute l’Église. Aucune messe de l’Église universelle n’est célébrée sans l’intention de prière consciente pour celui qui travaille à l’unité parfaite du Corps. Le Saint-Père sait que les forces du mal se déchaineront contre lui pour  mettre en danger toute la barque, mais il est sûr aussi que le mal ne pourra pas l’emporter : « Je sais que la bonté de Dieu est plus forte que tout mal en ce monde. Et cela m’aide à avancer en sécurité...», confie-t-il en son anniversaire. Il connaît cette sécurité parce qu’on ne saurait être autrement quand on se laisse porter par l’Esprit du Ressuscité qui dirige même dans la nuit et fortifie dans les épreuves. C’est pourquoi le Disciple-Pasteur accepte de mener le Bon Combat : celui de révéler le Christ au monde en lui annonçant La Vérité. Cela marque profondément l’apostolat de Benoit XVI.
Le Saint-Père témoignait lui-même que le jour de son ordination presbytérale, ayant ouvert une bible pour y trouver un message de Dieu, il tomba sur ces paroles de la prière sacerdotale de Jésus en Saint-Jean : « Consacre-les par la vérité: ta parole est vérité » (cf. Jn 17). Aussi a-t-il compris depuis, qu’au-delà des rites nécessaires de l’ordination, c’est dans la vérité qu’il sera consacré.
-    Sa vie de prêtre-théologien n’a-t-elle pas été une recherche constante de la vérité sur Dieu et sur l’homme ?
-    Sa tâche de Préfet de la Congrégation pour la Doctrine et la Foi, n’était-ce pas de veiller sur la vérité à vivre, à enseigner et à annoncer par l’Église ?
-    En tant que Souverain Pontife, au risque des acclamations ou des contestations, n’assume-t-il pas la lourde responsabilité de dire la vérité au monde?
o    De cette vérité, il se fait le témoin et le défenseur. 
o    Cette vérité est le grand cadeau d’anniversaire et de pontificat qu’il veut offrir au monde pour l’aider à se libérer.
o    Mais, cette vérité, il l’apporte dans la charité : « Caritas in veritate » est l’exhortation de sa dernière encyclique.
Si Benoit XVI dénonce le relativisme et l’oubli jusqu’au refus de Dieu qui menacent notre monde, c’est parce qu’il est guidé par son cœur de Pasteur. « Le Seigneur qui m'a formé dès le sein de ma mère parle pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob et que je lui rassemble Israël. » (Cf. Is 49)
Ces paroles de la lecture du second Isaïe, adressé à un peuple captif, au temps de l’exil à Babylone, s’applique bien encore au temps d’aujourd’hui où le matérialisme, la peur du lendemain, les crises économiques et sociales retiennent captifs les hommes et les femmes : enfants aimés de Dieu pour toujours. Même si le monde est vite attiré par les diseurs de bons augures, ceux qui proposent les solutions faciles et qui font tout, depuis le Jardin d’Eden,  pour retenir l’attention et mériter l’estime, Benoit XVI accepte le pari et le parti de la vérité qui rend crédible en soi et libère l’autre en face.
En ces jours où le Saint-Père dit avoir entamé la dernière étape du cours de sa vie, la ligne droite de sa vie, nous croyons qu’il y a toujours été, car le serviteur de La Vérité vit toujours et partout en toute droiture. C’est en fait, une question qui se posait dès le début de son Pontificat. Combien de temps pourra-t-il travailler, s’interrogeait-on? Nous ne connaissons pas le temps, puisque nous n’en sommes pas les maîtres, mais nous savons le travail; travail que Dieu seul surtout pourra évaluer et récompenser à sa juste valeur. La seule opinion que nous puissions avoir sur ces 85 ans nous fait remonter à la sagesse biblique : « à 80, c’est un exploit ». À 85 ans, nous sommes au-delà de l’exploit; un exploit qui n’a rien de personnel puisque le psalmiste reconnaît aussi que toute vie est dans la main de Dieu : « d’âge en âge Seigneur, tu as été mon refuge » (Ps 89).
Mais n’est-ce pas un exploit pour la mission de l’Église que de voir à Cuba, après la visite de Benoit XVI, les enfants de Dieu se presser librement aux portes des églises? Que le Vendredi-Saint ait été jour férié, avec la retransmission en directe à travers tout ce pays de la prédication évangélique? Chose inédite, rapporte-t-on, depuis 40 ans!
À Cuba, Benoit XVI pria aussi, relate la presse, pour "la proche population d'Haïti qui souffre encore des conséquences du tremblement de terre d'il y a deux ans". Notre pays est effectivement proche géographiquement de Cuba, mais reste proche aussi du cœur de pasteur du Saint-Père. Ces appels, ici et là, à l’aide internationale vraie envers Haïti ont été très écoutés et suivis, même si les résultats se font encore attendre.
En Benoit XVI, ce n’est pas juste le Pasteur de l’Église universelle que nous fêtons aujourd’hui, mais un ami et un bienfaiteur du peuple haïtien. Nous pouvons, en pensant à cela, mieux comprendre les paroles du psaume de cette liturgie : « Oui, j'ai du prix aux yeux du Seigneur, c'est mon Dieu qui est ma force » (Ps 70). Reconnaissons que le Seigneur ne cesse de nous manifester son amour de bien des façons et, au regard de notre histoire existentielle de peuple, de manière si respectueuse par le Siège de Pierre.
Rendre grâce au Seigneur pour le ministère pétrinien de Benoit XVI, n’est pas sans bénéfice pour notre peuple uni aux chrétiens de toute la terre. Comprenons cela à travers les paroles de Jésus à Simon : « J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Et quand tu seras revenu à moi, fortifie tes frères » (Lc 22,32). Prions pour que la foi de l’Église avec son Pasteur universel ne soit pas intimidée par les grands défis de notre temps. Accueillons d’un cœur confiant l’invitation du Saint-Père à entrer dans l’année de la foi; la foi dans le Dieu de Jésus-Christ qui n’est pas sans incidence sur notre foi en l’homme, en l’avenir  et dans le cours d’une histoire, souvent incompréhensible ou même absurde à nos yeux, mais, toujours orientée par l’Esprit-Saint vers la lumière et la vérité : « Je ne sais pas ce qui m’attend, dit le pape. Mais je sais qu’il y a la lumière de Dieu, qu’Il est ressuscité, que sa lumière est plus forte que toute obscurité ».
Quand les ténèbres de l’angoisse et du doute semblent nous submerger de l’intérieur que la Vierge de lumière, Étoile de l’espérance nous rassure de sa maternelle intercession.
Que la Mère de l’Église qui appelle les prêtres, ses fils de prédilection, parce qu’Elle voit en chacun d’eux Jésus son Fils, veille sur notre bien-aimé Pontife Benoit XVI. Qu’Elle prie pour nous tous et pour chacun, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.

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Allocution de Mgr Chibly à l'Assemblée en RD PDF Imprimer Envoyer
Écrit par new   
Jeudi, 15 Mars 2012 03:32

Rencontre des Conférences Épiscopales Dominicaines et Haïtiennes


Éminence  Nicolas de Jesus Cardinal LOPEZ RODRIGUEZ, Président de la Conférence Épiscopale Dominicaine,

Excellence, Mgr Jozef WESOLOWSKI, Nonce Apostolique en République Dominicaine
Excellences, chers confrères dans l’Épiscopat,
Révérends Pères,
Distingués délégués et représentants des commissions épiscopales dominicaines et haïtiennes,

En cette heureuse occasion de la rencontre des deux Conférences sœurs dans une même Église et sur une même Île, nous avons l’honneur et le grand plaisir de prendre la parole au nom de tous les membres de la délégation haïtienne pour adresser nos chaleureuses salutations à son Éminence Nicolas de Jésus, Cardinal Lopez Rodriguez, président de la Conférence épiscopale de la République Dominicaine, à vous Excellences ici présentes et  à vous tous honorables invités.
Nous rendons grâce au Seigneur qui a rendu possible cette Assemblée extraordinaire conjointe. Car, il y a de cela 48 heures, nous ne savions pas encore comment nous allions faire pour nous rendre ici.
C’est le Seigneur qui nous a appelés à sa suite qui nous a fait don de cette terre commune, de cette île qui porte le nom indien d’Haïti ou espagnol d’Hispaniola.

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Mise à jour le Lundi, 02 Avril 2012 15:48
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